la LCR organisait samedi un débat autour du thème "un parti de gauche aujourd'hui" en phase avec l'actualité du moment puisque Olivier BESANCENOT verrait d'un bon oeil la constitution d'un
nouveau parti autour de lui . A mes cotés se trouvaient invités René AGARRAT pour les collectifs unitaires et Didier Hacquart pour le PRS. Je vous livre quelques bribes de mes
interventions.
Faut-il construire une gauche de riposte ou une gauche de projet ? Les deux exigences sont-elles compatibles ?
Si nous voulons développer les luttes, il faut débattre des propositions alternatives à construire ensemble. Aujourd’hui pèse l’idée qu’il ne serait pas possible de faire autrement. Dépasser le
capitalisme à l’origine de tant de souffrances, cela passe par des propositions concrètes : gagner de nouveaux droits pour les salariés dans les entreprises, des droits démocratiques et
politiques d’intervention pour les citoyens…
Ces mesures doivent être inscrites dans des lois, cela passe par la mise en échec du nouveau traité européen qui n’est que la répétition de la constitution européenne que notre peuple a
rejetée. Il faut à la fois riposter et élaborer une nouvelle alternative à gauche
Prenons le pouvoir pour rendre le pouvoir
Justement, faisons en sorte de prendre le pouvoir pour aussitôt le rendre aux citoyennes et aux citoyens. Arrêtons d’opposer en permanence la gauche de pouvoir et la gauche de protestation.
La question est simple : la gauche est-elle capable de gouverner pour changer la politique et transformer la société. Oui elle est capable
C’est ce qu’attendent les salariés qui luttent pour la sauvegarde des services publics, contre les fermetures d’établissements hospitaliers ou de bureaux de poste. Et tous les salariés qui
attendent une amélioration de leur niveau de vie
Pas question de recommencer une gauche qui n’a pas eu le courage de mettre en oeuvre une nouvelle répartition des moyens, ni de donner du pouvoir aux salariés.
Se donner un projet de transformation sociale
Ce n’est qu’après que l’on verra les questions de structures. Le débat va continuer à gauche. À vous les citoyens, les électeurs de gauche, les salariés de vous en mêler, d’intervenir. C’est à
partir de vos aspirations que la gauche doit se construire pour dépasser les divergences actuelles. Ce débat doit se mener sur la place publique. Puisque tous ici sommes d’accord pour continuer ,
dans chaque - commune ou chaque entreprise, des - réunions doivent se tenir avec toutes les forces de gauche. Cela changerait l’atmosphère et permettrait de créer les conditions pour battre
les prétentions antisociales de Nicolas Sarkozy
Quelles initiatives aujourd'hui et maintenant ?
Avec le Comité Riposte, la gauche a enfin réussi à s’organiser
Nous avons voulu, dès la rentrée politique, porter le drapeau de la gauche rassemblée pour qu’elle soit sur la riposte, Sarkozy étant élu depuis plus de quatre mois et mettant en œuvre à marche
forcée un programme très régressif. Sarkozy réenclenche une phase très dure de sa politique et la gauche est dans l’incapacité, toutes

sensibilités confondues, de se mettre
autour de la même table pour discuter et appeler, par exemple, de manière unitaire au soutien de la journée du 29 contre la franchise médicale ! ce n’est pas normal C’est l’un des tests
sur la capacité de mobilisation contre Sarkozy. Nous savons très bien que nous ne sommes pas d’accord sur tout, mais au moins là-dessus, riposter avec le front le plus large possible.
La seconde journée importante de mobilisation sera le 18 octobre avec entre autre la grève de la SNCF contre la réforme des régimes spéciaux
L’ensemble des journées qui se présentent sont des journées de riposte, le parti communiste s’inscrit positivement dans tout ce qui se présentera. Et nous sommes nous à l’initiative d’une journée
le 27 octobre, qui sera une journée multiforme avec une semaine de riposte, un rassemblement à Paris.
Aujourd’hui, c’est quoi être de gauche et à quoi cela sert ?
La gauche est dans une situation de très grande difficulté. Etre de gauche aujourd’hui, c’est riposter de la manière la plus unitaire à la politique de Sarkozy. On ne peut pas donner le
sentiment que Sarkozy peut dérouler sa politique jusqu’en 2012 en toute impunité. Quand Sarkozy dit « travaillez plus, pour gagner plus », la gauche doit s’interroger sur ce qu’est le
travail aujourd’hui. Il faut réfléchir sur des choses fortes, les relations entre l’individu et le collectif ; l’Etat et le marché ; la Nation, l’Europe et la mondialisation ; la
liberté et l’égalité. Il y a besoin d’une gauche forte sur ses valeurs. Etre de gauche, c’est ne pas vouloir d’une société qui nous oppose les uns aux autres. Etre de gauche, c’est revisiter la
question du service public : qu’est-ce qui doit relever de l’intérêt général ? C’est travailler à une vrai redistribution, c’est faire des propositions précises sur le développement
solidaire et durable. Il faut requalifier la gauche sur un projet fort.
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